Les récits de GillGalad

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Nos vrais héros

Parfois, la préparation n’est pas tout. On se dit que cette fois-ci ça ira, que ça se déroulera come prévu, et puis qu’on pourra aller se coucher le cœur allégé et les pensées libérées. Cependant, les quelques éléments qu’on ne prend pas en compte sont souvent ceux qui nous portent préjudice et font couler le bateau. Ou rater le partiel. Cette soif de savoir qui nous pousse tant à prévoir toute éventualité, toute faille et à ne laisser aucune chance à la chance, est souvent bien trop intrusive. Et intransigeante.

 

Ou était-ce plutôt le manque de préparation ? Ah oui, excusez-moi, en fait c’est tout le contraire. Et ces arguments représentent plutôt ce que l’on raconte à sa conscience lorsque l’on sort de la salle d’examen avec un mauvais sentiment. Dès lors qu’il peut y avoir des éléments imprévisibles, pourquoi se préparer ? Après quelques échanges avec les amis, il devient clair comme l’eau de roche que le cours aurait éventuellement mérité un peu plus de notre temps précieux. Si seulement notre cerveau n’avait pas été fermé pour cause de fainéantise.

 

Et c’est là que réside tout le problème : les gens sont fainéants ! Qu’on soit étudiant ou employé de longue date, homme ou femme, Français ou Mexicains, on est tous à la recherche du chemin de la moindre résistance. Certains plus que d’autres, d’ailleurs (afin de simplifier le raisonnement, appelons ceux-là les « fainéants »). Cela se reflète dans leur mode de travail qui se résume à repousser toute charge de travail jusqu’au bord de la falaise où ils réalisent qu’ils se sont trompés de falaise. A ce moment-là, ils changent de tactique. Subitement, ils deviennent sérieux et se mettent à repousser tout le reste. Après avoir calculé les chances de réussite et avoir essayé de les oublier en voyant le résultat, se déclenche ce que j’appelle le processus de récupération de potentiel. Laissez-moi vous expliquer.

 

Chaque être humain est doté d’un certain potentiel, qu’il soit intellectuel ou physique. Malheureusement pour les fainéants, ce potentiel n’est jamais utilisé pleinement, voire utilisé tout court. C’est uniquement après avoir atteint la mauvaise falaise que le fainéant active son potentiel et entreprend en un soir ce qu’un être humain normal fait en plusieurs jours.

 

Je sais, les fainéants ont plutôt un bon rendement, n’est-ce pas ? Alors pourquoi ne sont-ils pas toujours aussi performants, me diriez-vous. Pendant longtemps je me suis posé la même question. Jusqu’au jour où j’ai eu une épiphanie. En fait, ce n’est qu’une question d’équilibre. Afin de pouvoir lâcher leur potentiel, ils doivent auparavant hiberner pendant une période bien plus longue que la période de récupération de potentiel. En dépit de cet inconvénient majeur, il semble impossible de les troubler, même hors de leur zone de confort, en les confrontant à une échéance imminente ou un travail non rendu. Comme si, bizarrement, ils n’avaient pas mauvaise conscience.

 

Et c’est pourquoi j’ai le soupçon que la fainéantise n’est qu’une couverture et qu’ils passent leur temps à sauver la planète. Si vous y réfléchissez bien, quel est leur alibi principal ?

 

« euh, je n’ai rien foutu de la journée… »

 

Cela ne vous semble-t-il pas suspicieux ? Ils n’ont aucune preuve de leur fainéantise ! Si un jour vous croisez un fainéant, pensez à ce que je viens de vous dire et montrez lui du respect. Il pourrait avoir sauvé l’humanité pendant que vous perdiez votre temps à réviser.



14/05/2012
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